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Lauréate du Prix des Tendons du style !

 

 

La Tempête des coeurs 

 

C’est avec joie (et fierté) que je vous annonce que mon mini-roman La Tempête des coeurs est lauréat du « Prix des Tendons du style de l’imaginaire littéraire 2018 » et COUP DE COEUR du Centre Méditerranéen de Littérature. 

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Voici La Tempête des cœurs…

 

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Mini-roman d’anticipation, lauréat « adulte »

COUP DE COEUR

du Centre Méditerranéen de Littérature

 

 

De Mélodie Ambiehl

 

 Aux Editions Fantasy-Editions.RCL

 

 

QUAND TOUT S’ACHÈTE

 

même le bonheur

 

L’AMOUR SE PAIE AU PRIX FORT !

 

Il s’appelait Nathaniel. Elle s’appelait Isallys.

Ils s’aimèrent au premier regard.

Mais c’était sans compter le destin

et ses terribles secrets…

Mais c’était sans compter le futur

et son terrible prix…

 

Nathaniel et Isallys sont voués l’un à l’autre mais…

Leurs sentiments résisteront-ils à la fatalité ?

 

DÉCOUVREZ LA TEMPÊTE DES COEURS

UNE HISTOIRE D’AMOUR À L’ÉPREUVE DU FUTUR…

 

 

Le trailer vidéo ∼

Retrouvez BIENTOT la vidéo trailer de La Tempête des coeurs !

 

La présentation de l’éditeur ∼

 

Une oeuvre racontant un amour moderne et impossible, sublimé par une plume littéraire magnifique, le tout transposé dans un futur proche où la quête de bonheur se transforme au fil des pages en une course-poursuite contre la mort.

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Le résumé, l’auteur ∼

2102.

Les livres papier sont interdits.

2128.

On achète le bonheur à tout prix.

 

À Toulon, Nathaniel est éditeur d’une plateforme numérique ; Isallys est propriétaire des Archives Littéraires conservant les derniers livres papier.

Leur vie est heureuse.

Pourtant, quand ils se rencontrent par hasard au détour d’une rue, leur destin bascule : alors qu’elle aime ses livres plus que tout et que lui a renoncé à l’amour, c’est un véritable coup de foudre qui les réunit.

Mais leur bonheur va se changer en course contre la mort… 

 

Le prix de leur amour sera-t-il trop élevé ?

 

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Mélodie Ambiehl

Mon prénom, Mélodie, aurait pu me destiner à la musique. Ce ne fut pas le cas, ou alors à celle des mots. Ce sont les lettres qui ont écrit et continuent d’écrire mon histoire personnelle. Au chapitre présent, j’ai le bonheur d’être professeur de français dans un collège du sud de la France. Et si vous lisez ces lignes, c’est que je suis auteur dorénavant.

À travers les oeuvres des maîtres de l’écriture comme Beckett, Apollinaire, Racine, ou encore Baudelaire, j’ai découvert qu’un texte n’est pas seulement une histoire, mais une alchimie. Un mélange unique entre une précision horlogère, où un mot en trop ou en moins peut faire chavirer un équilibre fragile, et le souffle transcendant de la voix de l’auteur. C’est ce qui me motive en tant qu’écrivain : retranscrire modestement ce magnifique vertige que seuls permettent les beaux textes.

 

Les thèmes ∼

Disparition des livres papier
Essor des livres numériques
Société de consommation
Le bonheur
L’amour
Le prix

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Le début ∼

En cet instant, si je me tiens devant toi, si je regarde ton visage anonyme, c’est parce que la somme colossale de mes pas m’a mené jusqu’à toi.

 

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Les anecdotes ∼

  1. La Tempête des coeurs est le troisième titre de mon texte, le premier restera secret mais je vous révèle le second : Le Murmure des coeurs.
  2. J’ai écrit tout mon texte en écoutant des musiques en boucle : « Ensemble à jamais » du film La Belle et la bête et l’audition & l’épilogue du film La La Land. Bien sûr, je me relis en silence. Et je relis les phrases une petite cinquantaine de fois pour trouver la partition parfaite.
  3. Mon coup de foudre pour Le Petit Prince de Saint-Exupéry n’a pas eu lieu à ma première rencontre avec le texte, comme tous mes coups de coeur littéraires, j’ai commencé par ne pas aimer enfant, et en les redécouvrant plus tard, mon coeur d’adulte était conquis ! J’ai donc tenté de lire Le Petit Prince en primaire ou début collège, je ne sais plus. Je le lisais seule et je n’ai rien compris à cette histoire de chapeau-éléphant, je n’ai pas aimé le narrateur-aviateur et l’histoire de mouton m’a paru vraiment difficile à avaler. J’ai abandonné ma lecture, dégoûtée du Petit Prince. Je n’y ai jamais retouché… Jusqu’à ce qu’un jour, mon copain me dise : « Quoi ? Tu n’as jamais lu Le Petit Prince ? Mais je le connais par coeur tellement je l’ai écouté en cassette enfant ! ». Plus tard, le jour de mes 23 ans, nous étions dans un café bibliothèque et nous avons trouvé par hasard Le Petit Prince dans les rayons. Il me l’a alors lu, ce fameux soir de mes 23 ans. Et là, j’ai été touchée au coeur, foudroyée. J’avais les larmes aux yeux ! Je me suis dit : mais le petit prince c’est moi ! Il n’a pas pu finir de me lire Le Petit Prince ce soir-là, mais me l’a offert peu de temps après et je l’ai relu, toujours amoureuse. Depuis, je le relis et il ne me quitte pas. Une découverte qui m’a profondément ouvert les yeux et marquée, même adulte. C’est pourquoi je suis persuadée que Le Petit Prince n’est pas destiné aux enfants, mais aux adultes désenchantés, car j’étais désenchantée, et Le Petit Prince m’a réconciliée avec l’enfant que je suis et mes rêves de petite fille. D’ailleurs, ne suis-je pas en train de les réaliser en étant publiée ? Moi qui depuis mes 13 ans rêve de devenir écrivain !
  4. Mon texte correspond à un genre de la SF appelé « l’anticipation ». Ce genre de texte envisage ce que pourrait devenir dans un futur proche notre monde et notre société, souvent dans l’intention de nous mettre en garde. Ce genre est très souvent couplé avec celui de la « dystopie » qui imagine une société qui empêche les individus d’accéder au bonheur.Mon livre La Tempête des coeurs correspond à ces deux genres, même si l’étiquette « dystopie » peut porter à débat puisque la société que j’ai imaginée monnaye le bonheur ! Il s’agit donc d’une dystopie originale qui interroge, qu’on ne peut pas condamner au premier regard. Je voulais éviter les deux poncifs suivants : une société basée sur l’argent est mauvaise et une société aux règles trop strictes est une dictature condamnable. Quand une société totalitaire oeuvre réellement pour notre bien, est-ce un mal ? Et vous, que pensez-vous de mon idée de bonheur qui s’achète ?

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Des extraits ∼

De 2018 à nos jours

 

2098, Hégémonie du légalisme

Après la crise du Grand Malheur, les sociétés adoptent un nouveau modèle politique et économique : le légalisme. Ce système repose sur un principe d’absolue légalité commerciale qui permet à chaque citoyen d’acheter son bonheur. Ainsi, toutes les transactions – relatives aux services, à la propriété intellectuelle, à l’utilisation de données, aux organes, etc. – deviennent pleinement légales. Les lois régissant le légalisme ne sauraient être enfreintes, sous peine de mort.

En quelques mois seulement, le crime et le marché illégal disparaissent.

 

Devise des États légalitaires :

« Le bonheur pour tous, à n’importe quel prix ! »

2102, Décret interdisant le papier

La déforestation progressive de la planète contraint les gouvernements à ratifier un décret interdisant la circulation, la création et l’utilisation du papier. Le décret 129 proscrit ainsi toute publication et rend obligatoire le recyclage des livres et des journaux existants. Dès lors, cinq Archives Littéraires se partagent la responsabilité et l’entretien des derniers exemplaires papiers en France.  

 

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En cet instant, si je me tiens devant toi, si je regarde ton visage anonyme, c’est parce que la somme colossale de mes pas m’a mené jusqu’à toi.

Pour dérouler ce fil d’Ariane qui m’a conduit au moment où je t’ai bousculée, il faudrait suivre les labyrinthes de ma vie à l’envers. Il faudrait reculer d’une vingtaine de pas, lorsque je descendais l’avenue Rousseau et m’engageais dans la rue Racine sans te voir. Il faudrait revenir dix minutes en arrière, quand je quittais mon appartement 24 rue des Vignes. Il faudrait aller une demi-heure avant, quand, installé dans mon quotidien confortable, je n’imaginais pas l’enchaînement incertain qui allait me donner à toi. Il faudrait retourner vingt-quatre heures avant notre rencontre, quand je me promenais le long du port, rêveur. Il faudrait remonter un an avant, quand je pleurais comme un enfant à cause de Jenn, qui restera toujours mon premier amour. Remonter deux ans avant, quand j’entrais dans l’équipe d’édition de la plateforme « Tout le monde lit, tout le monde écrit » de mon père. Remonter au jour où je découvrais la lecture. Et remonter ainsi le fil tendu de toute mon existence…

 

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Comme Ulysse traverse le chant dangereux des sirènes sans céder à leur appel, tu pénètres dans l’enceinte des Archives Littéraires, dépasses sans t’interrompre les livres aux voix anciennes et les étagères aux allures de récifs. À ton passage, l’alphabet glorieux des auteurs, de Jean Anouilh à Émile Zola, dévoile le nom de tous les navires abandonnés depuis la disparition du papier. Leurs titres, échoués là telles des épaves vaincues, attirent tes regards, et, tandis que le silence des mots engloutit le bruit de tes pas, les vestiges des siècles passés renaissent peu à peu devant toi.

Dans un monde où les arbres ont été les victimes muettes d’un génocide, la fin des livres n’est suspendue qu’au sein de ce mausolée…

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Les musiques écoutées en écrivant ∼

 

Les retours ∼

Avis du blog L’Etrange Librarium – lien vers la chronique BLOG
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« Mélodie Ambiehl nous livre ici un récit d’anticipation sombre et cruel, d’une noirceur éclatante sublimée par son écriture.

Et si Baudelaire avait écrit Roméo et Juliette au 21ème siècle ? »

Pour lire la chronique…

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Avis de la chroniqueuse Dominique Lebel –lien vers la chronique BLOG
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« […] le mini roman de Mélodie Ambiehl pourrait passer pour une énième histoire de dystopie, sauf que…

Sauf que c’est bien écrit et justement, il y a ces jolies phrases qui vous dessinent une carte du tendre, avec en toile de fond la rade de Toulon et en bande son la voix du renard de St Exupéry. « Si tu veux un ami, apprivoise-moi ». Sacré Renard, mis à toutes les sauces depuis quelque temps, même dans les mariages.

Sauf que cette préciosité va bien au sujet et rappelle quelques belles pages shakespeariennes : « La rose de l’amour enlace nos lèvres et en moi naît déjà la ronce maudite d’un lien que plus rien ne saurait rompre »

                Sauf que traînent dans cette histoire quelques-unes de nos plus belles œuvres littéraires – Andromaque, Belle du Seigneur…, petites âmes naufragées et comme il est bon de les voir passer.

Seulement l’amour se heurte au destin, dans toutes les bonnes histoires et l’on ne peut pas tout acheter, toujours. Parfois le prix à payer est insupportable.

Lisez ce petit roman, c’est très joli et beaucoup moins innocent qu’il n’y paraît. Et puis vous verrez : en matière de littérature, nous y sommes déjà ! »

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Avis de la chroniqueuse Joëlle Marchal –lien vers la chronique BLOG
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« J’ai ADORÉ ce roman, sublimement écrit, émouvant qui incite à réfléchir à l’avenir des livres et celui des lecteurs.

Dans cette merveilleuse histoire il y a un jeune homme qui s’appelle Nathaniel et une jeune fille Isallys. Tout oppose ces deux êtres : lui édite des livres numériques, elle garde précieusement les vieux livres, les classiques aux Archives Littéraires de Toulon. Pourtant l’amour est sur leur chemin mais réussiront-ils à s’aimer pour le meilleur et pour le pire ?

J’ai beaucoup aimé, dans ce livre, les références faites au « Petit Prince » de Saint-Exupéry, classique que j’ai lu dans ma jeunesse et relu maintes fois depuis et qui reste un de mes livres de chevet, ainsi que les coups d’œil aux grands auteurs, tels que Zola, Racine, Flaubert….

Une pépite littéraire que j’ai dégustée avec un plaisir incommensurable, ne pouvant me résoudre à le refermer tant les jolis mots de l’auteure me subjuguaient.

Je vous recommande vivement cet ouvrage qui fût pour moi un véritable COUP DE COEUR et mérite amplement le prix des Tendons du Style de l’Imaginaire Littéraire : Mélodie a beaucoup de talent ! » fff

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Avis de la chroniqueuse Marie Desmons –lien vers la chronique FB
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« Je referme à l’instant la tempête des coeurs et je suis bouleversée et émue par la plume d’une sensibilité extraordinaire et par la force de cette tragédie shakespearienne.

Souvenez-vous, Roméo et Juliette, leur Amour impossible scellé pour l’éternité. La tempête des coeurs comme la mélodie tantôt douce et poétique, tantôt tumultueuse d’un récit rythmé par la cadence et l’alternance des chapitres : le coeur de Nathaniel puis le coeur de Isallys, l’un répondant à l’autre, de coeur à coeur, liés pour l’éternité. Elle sera sa rose à jamais, il sera son Petit Prince. 

Ce livre est une dystopie (  » récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre ») avec en toile de fond une volonté de nous ouvrir les yeux, de parler d’amour à notre coeur d’enfant, de nous interroger sur nos destins, l’importance de nos choix de vies, de ce pour quoi on est prêt à se battre, nos passions, nos valeurs…

Extraits : 
« Comment avais-je pu, quelques minutes plus tôt être absorbé par je ne sais quelle sottise alors que je devais rencontrer tes yeux ? « 

« Quelques pas, qui t’éloignent de moi, se tracent sur la rétine invisible du temps. « 

« Dans un monde où les arbres ont été les victimes muettes d’un génocide, la fin des livres n’est suspendue qu’au sein de ce mausolée. À travers les rangées encombrées de romans et poésies, au fil des oeuvres de Racine, de Flaubert, de Céline, de Beckett, au milieu des couvertures et des titres oubliés, tu finis par apercevoir ma chevelure de muse. Je me retourne, un livre au creux des mains : la Machine infernale de Cocteau. »

« Je sais que tu voulais absolument lire Bahkita, faire la rencontre de cette esclave au destin poétique et de cette auteure aux mots couleurs d’Afrique. »

 

Véritable coup de coeur pour cette plume où l’auteur se livre à coeur ouvert, passionnée et amoureuse des mots, de la littérature et de la mythologie mais aussi de l’Humain, de sa part de lumière et de celle, plus sombre. »

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Avis des chroniqueurs Marie-Hélène Fasquel & Thierry Erhart –lien vers la chronique BLOG
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« Le titre, à sens multiples, exprime bien ce que le texte présente et représente : une véritable quête au-delà de tout ce qui est possible, la collusion de deux sensibilités, tout simplement une tempête de sentiments.

Ce récit ne se cantonne pas à une simple histoire d’amour entre Isallys et Nathaniel (Références à La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne ? à Tristan et Iseult ?). Il s’agit également et probablement avant tout d’un plaidoyer pour notre planète et pour la littérature, grâce aux discussions au sujet du Petit Prince, chef d’œuvre s’il en est un !

Nous avons apprécié les métaphores, nombreuses, par exemple la métaphore filée de la musique.

Les références littéraires sont abondantes et enrichissent le sens véritable du récit. Ils font de cette lecture un véritable plaisir : un texte à la fois passionnant, littéraire et instructif ! 

Citons à titre d’exemple :
« Comme Ulysse traverse le chant dangereux des sirènes sans céder à leur appel, tu pénètres dans l’enceinte des Archives Littéraires, dépasses sans t’interrompre les livres aux voix anciennes et des étagères aux allures de récifs. »

Un Roméo et Juliette des temps modernes mais aussi une dystopie qui fait froid dans le dos ! » sddd

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Avis d’un autre auteur : Patrick Joël Manzoni

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« On s’attache rapidement aux personnages principaux, au point que j’aurais aimé les « fréquenter » plus longtemps (j’ai lu le livre en un jour, d’une traite). Leur histoire m’a beaucoup ému, surtout la fin…

J’ai aimé également retrouver le système de narration alternative des deux personnages principaux que j’avais découvert dans les deux premiers tomes de la trilogie « Une Pie parmi les Paons », de Madyline Rose, que j’ai lus et corrigés bénévolement.

Pour conclure, je recommande fortement à tout le monde de découvrir cette touchante histoire dès sa publication.»sss

 

Avis d’une lycéenne : Tess

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 « Une histoire émouvante, des personnages attachants et un réel questionnement sur le bonheur dans un futur proche, le tout transmis au lecteur avec un style magnifique.

Je recommande La Tempête des cœurs à tous les amateurs de romance et de roman d’anticipation ! »

 

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Nathaniel et Isallys sortiront-ils indemnes de La Tempête des cœurs ?

Pour le savoir, laissez-vous emporter dans le tourbillon de leur histoire !

 

Couverture Prix des Tendons du Style de l'Imaginaire Littéraire 2018

 

La Tempête decœurs 

de Mélodie Ambiehl…

à acheter sur amazon

ou

sur cultura

ou

sur la fnac

 

sortie aujourd’hui 14 septembre

en version papier !

 

Mélodie Ambiehl auteur…

 

 

 

Coup de Pub réalisé par Mélodie Ambiehl
Couverture réalisée par Fantasy-Editions.RCL, images réalisée par SIRAHELLE

 

 

– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –
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Publication dans le recueil Poussières de temps !

 

 

« Une nuit sans fin » 

 

C’est avec joie et fierté que je vous annonce la publication de ma nouvelle « Une nuit sans fin » dans le recueil Poussières de temps des éditions Héros de Papier Froissé. 

 

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***

 

Zoom sur ma nouvelle « Une nuit sans fin » 

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Genre : Littérature contemporaine
Résumé :

Une femme…
et une nuit sans fin…

Voilà l’histoire de cette nouvelle.

Envahie par le désespoir et la solitude, une femme nous raconte la nuit sans fin qu’elle traverse pour reprendre goût à la vie.

Entre petites victoires et échecs, elle affronte le silence de son quotidien quand une chose inattendue fait irruption dans son monde gris…

À vous découvrir ce qui pourra peut-être rendre des couleurs à la vie pâle de cette femme plongée dans le chagrin !

 

 

Quelques extraits :
Tout commence avec ces phrases :

Le jour se lève, et, pourtant, c’est la nuit. Pour moi, c’est la nuit. J’essaie de voir la lumière, de l’apercevoir à travers le ciel, mais je ne vois que du gris. Le soleil, nulle part. Le bleu du ciel, disparu. Rien que la nuit en plein jour.

 

Un peu plus loin :

Je continue de me coiffer. C’est long. C’est bien. Ça prend du temps. Ça fait reculer le silence. J’en suis sûre. Et quand il y aura moins de vide silencieux, je pourrai bouger plus facilement.
Au bout d’un moment, je repose la brosse. Je me regarde dans le miroir. Pour savoir. Les nœuds sont toujours là. Mais je n’ai plus la force de combattre le silence et les nœuds. Je prends un coton, je mets un peu d’eau et je le passe sur mon visage. Est-ce bien moi ?
Je pensais que j’étais différente. Je ne pensais plus que j’avais ce visage. En fait, je ne pensais plus que j’avais un visage…

 

Et :

Quand est-ce que ça a commencé déjà ? Quand est-ce que mon corps a commencé à devenir si lourd? Je crois que c’était il y a longtemps. Oui, c’est ça. C’était la dernière fois  que j’ai pleuré. J’ai pleuré sans fin ce jour-là. Je m’en souviens, un peu, maintenant. Je crois que c’est ce qu’il s’est passé : j’ai trop pleuré. Tout ce que je possédais, tout ce que j’étais, tout ce que j’avais au fond de moi s’est échappé avec mes larmes. Oui, c’est ce qui a dû arriver. Toute mon âme, toutes mes forces, absolument tout ce qu’il y avait en moi a coulé à travers mes larmes. Quand ça a été fini, il ne restait plus rien dans mon cœur. J’ai cherché, au début, des restes de quelque chose. Mais, il n’y avait plus rien au fond de ma petite boîte intérieure. Vous pensez qu’un corps sans sa boîte à musique peut marcher ? Mais il ne reste plus qu’un automate quand le cœur s’éteint, quand le silence l’a gagné. Moi, je pèse cinquante kilos ! Vous imaginez ? Vous pensez vraiment qu’à la force de mon cerveau seul, qui pèse même pas deux kilos, je sois capable de soulever cette masse devenue inerte ?

 

Anecdote :

J’ai écrit ce texte pour allumer une lumière dans toutes les nuits infernales, pour ceux qui souffrent, qui sont malades, qui n’arrivent plus à se lever, qui sont plongés dans des océans noirs, des nuits qui n’en finissent pas, jamais… à toutes les nuits sans fin, pour toi et pour n’importe qui, car on a tous vécu un jour, quelques heures ou quelques années, une nuit qui nous tuait. Parce qu’on a souffert et qu’on a pleuré, le cœur étouffé, le cœur assommé, hors d’haleine, le cœur achevé. Parfois crevé. Parce que dans le noir, il fait froid, il fait peur, il fait laid… Et qu’on oublie peu à peu, le soleil qui existe ailleurs, on n’entend plus ses rayons qui s’étirent et nous effleurent. 

Parce que « c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière » et qu’il faut le rappeler, toujours, à ceux qui ne le savent pas, ne l’ont pas encore compris, l’ont oublié. (Rostand)
 
Voici une citation qui m’a marquée et que j’ai voulu illustrer par mon texte en montrant combien c’est la nuit qu’il est difficile de voir la lumière.

 

Thèmes :

Souffrance, solitude, renoncement, espoir et résilience !

En un seul mot : l’histoire d’une nuit… sans fin ?

 

 

Pour en savoir plus sur les autres nouvelles du recueil,

lisez mon Coup de Pub ici !

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Je vous invite vivement à découvrir les nouvelles du recueil Poussières de temps qui sont excellentes : un voyage à travers le temps vraiment agréable !

 

À acheter ici en broché ou numérique !

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– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –
Chapitre 1, Roman fantasy : Aurore et Crépuscule

Aurore et Crépuscule -Chapitre 1

Aurore et Crépuscule

 

Le jour, la magie de l’Aurore domine. La nuit, celle du Crépuscule est reine. Entre les Prêtres d’Aurore et les Magiciens de Crépuscule, un équilibre parfait règne.
Jusqu’à ce que naissent deux enfants : deux jumelles contraires. L’une servira le Soleil quand l’autre percera les mystères de la Lune. Deux enfants, deux magies… Mais une même règle : ne jamais faillir à son devoir de protection d’Alak’Vel.
Sylenn et Malünn sauront-elles vivre séparément et tenir leur rôle ?
Pourront-elles triompher de la terrible magie des Éclipses,
restées entre le jour et la nuit ?

 

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Chapitre 1 : Le puits d’Alak’Vel

 

Elle s’appelle Sylenn.

Elle a dix ans. Elle est fille du Soleil. Et, avant la fin du jour, elle deviendra Prêtresse d’Aurore. Telle est la destinée de la petite fille aux yeux d’ambre et aux cheveux de lumière qui se prépare pour la Cérémonie des Runes. Aujourd’hui, c’est pour elle que la magie d’Alak’Vel va s’éveiller.

Elmir passe et Sylenn se précipite pour entrer dans l’ombre de ses pas. Elle appelle :

— Maman ! Je serai bientôt une Prêtresse d’Aurore, moi aussi !

Elmir regarde sa fille d’un air grave. Elle repense au visage identique qui vit ailleurs, dans la nuit, et qui ne connaît pas son visage à elle. Elle voudrait aimer Sylenn d’un cœur entier, mais une part d’elle-même appartient à jamais à sa sœur. Et chaque fois, dans les yeux de Sylenn, elle revoit ceux de Malünn.

D’un geste tendre, elle caresse ses cheveux bouclés et chasse ainsi les souvenirs de son autre fille.

— Oui, Sylenn. C’est le jour où tu vas recevoir les Runes d’Alak’Vel. Tu es prête ?

— J’ai prié le Soleil pour recevoir les cinq Runes !

— Les cinq Runes ? Tu veux donc devenir une Aurore ? demande Elmir d’un air moqueur.

— Je veux que tu sois fière…

Sylenn vient de murmurer son plus profond désir d’enfant. Elmir, touchée, la serre contre elle et se sent coupable. Elle sait qu’elle aurait dû l’aimer, même sans sa jumelle.

— Je suis fière, Sylenn… Ne t’en fais pas ! Allez, va maintenant !

Sylenn s’éloigne de sa mère, mais elle sait que dans son regard l’ombre de sa sœur flamboie. C’est toujours la même ombre qui hante les visages qu’elle croise : personne ne la voit jamais sans se souvenir de sa jumelle…

Malünn, quelque part, sera toujours avec elle : à travers son absence, elle vivra constamment avec Sylenn. 

Les larmes montent dans le cœur de la petite fille qui souhaiterait ne pas être attachée au fantôme passé d’une autre. Qui aimerait exister, juste elle. Mais, obéissante, elle rejoint les Prêtresses d’Aurore qui doivent la préparer et sa jalousie s’efface à mesure qu’on lui met des rubans dans les cheveux. C’est sa mère qui sera fière de sa beauté. Les rubans dansent joliment dans ses boucles claires. Les rubans dansent comme des serpents de lumière. Sa mère les verra et elle verra Sylenn aujourd’hui, lorsqu’elle rencontrera le puits d’Alak’Vel.

Lorsqu’elle est prête, une femme à la chevelure blonde lui prend la main et la conduit dans les méandres du palais pour la rendre à sa mère. C’est Elmir qui lui donnera la Pierre de Soleil et la guidera jusqu’au puits. Seule une mère et sa fille peuvent se tenir côte à côte lors de la Cérémonie des Runes.

Sylenn retrouve Elmir avec assurance, sa belle robe d’or et d’azur imitant les royaumes du ciel. Sa mère lui sourit puis tend vers elle un écrin en bois incrusté d’or. Les lignes droites reproduisent les rayons du soleil comme si le contenu de la boîte en était le cœur. Sylenn s’approche, intimidée, et avec respect, soulève le couvercle : la Pierre de Soleil, alors, se révèle. Elle illumine le visage de la fillette comme jamais : sa peau et sa chevelure scintillent. Les yeux de Sylenn deviennent limpides. Son cœur s’agite, plus solide. La Pierre l’appelle. La Pierre chante. Pour elle. Sa chaleur, sa lumière, elle les lui offre. Elle se sent choisie. Elle se sent aimée. La Pierre est une merveille. Elle ressemble à un cœur fait de lumière. Elle bat d’un rythme silencieux qui charme Sylenn.

Lentement, Elmir saisit la gemme entre ses doigts fins et la dépose sur la poitrine de sa fille. Alors la Pierre pulse d’une aura nouvelle, plus chaleureuse, et s’incruste par magie sur le cœur de Sylenn. À présent, la Pierre de Soleil brille en écho du cœur de la petite fille.

Sylenn est prête pour rencontrer Alak’Vel.

 

~

 

Elle s’appelle Malünn.

Elle a dix ans. Elle est fille de la Lune. Et, avant la fin de la nuit, elle deviendra Magicienne de Crépuscule. Telle est la destinée de la petite fille aux yeux sélènes et aux cheveux d’acier qui avance vers le puits. Aujourd’hui, c’est pour elle que la magie d’Alak’Vel va s’éveiller. 

Malünn a gagné le droit de se présenter à lui. Elle a franchi la Montagne Sans Lendemain. Elle l’a gravie, seule, de ses mains d’enfant, de ses pieds de fille de la nuit. Elle le mérite. Arpenter les chemins sinueux au sein de la montagne n’a pas été facile et franchir son flanc est a été encore plus dur. Mais jamais elle n’a douté. Elle a le cœur taillé pour surmonter l’impossible : son cœur appartient à la Lune et aux Runes.

Même si le chemin lui avait pris cent fois plus d’heures, Malünn aurait vaincu la Montagne Sans Lendemain. À présent, face à elle, au sommet verdoyant de la montagne, se trouve le puits d’Alak’Vel. Sans âge, ses pierres sont couvertes de symboles magiques : ceux de la nuit et ceux du jour. Comme si une aura protectrice l’entourait, le puits repousse la mousse, l’herbe et les fleurs. Ainsi, un cercle s’est tracé autour du lieu sacré.

Quand Malünn rompt le silence immobile de la prairie d’un pas audacieux, elle sent battre le puits comme un cœur au milieu de la montagne. Alors, elle se souvient des légendes sur la course d’Alak’Vel. Depuis sa naissance, on lui raconte l’histoire du Dieu-Double Alak-Vel qui possédait d’incroyables pouvoirs liés au soleil et à la lune. Maintes fois, on lui a retracé sa course sans fin à travers les étoiles pour fuir le terrible Dieu-Chaos Alaos. Parce qu’Alak’Vel lui avait dérobé le cœur d’Aazül, Alaos le traqua depuis les confins de l’univers sans relâche, jusqu’à ce qu’à un tournant du Destin, Alaos brandit sa Hache d’Étoiles et frappa son frère d’une force innommable. Vaincu, Alak’Vel mourut en milliers d’éclats : les Runes. Aazül, dont le cœur appartenait toujours à Alak’Vel, rassembla les miettes du Dieu-Double et les plaça dans un puits, au sommet d’une montagne, au cœur d’une prairie qui ne devait jamais blanchir et qui serait le tombeau du frère d’Alaos. En dernier hommage, elle rendit le puits indestructible, rendant ainsi Alak’Vel éternel, même s’il restait éparpillé à jamais.

Les poussières du Dieu n’ont jamais disparu et ont fini par alimenter la terre d’Irinis de sa magie. C’est ainsi que le jour et la nuit, jumeaux contraires, se succédèrent et se pourchassèrent sans cesse pour imiter la fuite d’Alak’Vel à travers les étoiles et les âges.

Malünn, le regard déterminé et luisant d’acier, saisit alors la Pierre de Lune dans son sac. La gemme tient à peine dans sa main d’enfant et scintille doucement d’une faible aura blanche. La lumière de la Pierre est claire et apaisante. Elle chante. Elle luit. Elle est comme un sourire. On dirait qu’elle est douce comme cœur. Elle bat. Malünn la plaque contre son propre cœur. Le minéral s’emboîte par magie. La Pierre rit et éclate d’une aura nouvelle : plus obscure.

Avec la Pierre qui fait écho à son cœur, Malünn s’avance vers le puits.

 

~

 

Au début du jour, Sylenn a commencé l’ascension de la Montagne Sans Lendemain. Elle a emprunté l’escalier dérobé qui serpente le flanc ouest, et, durant des heures, harassée par la chaleur du soleil et par la progression difficile, elle a monté les cinq cents marches la conduisant jusqu’à la prairie et au puits. Ses pas guidés par la Pierre qui résonnait de plus en plus fort à chaque marche, la fillette a suivi les traces laissées par tous les Prêtres d’Aurore avant elle et atteint enfin le sommet en milieu d’après-midi. Épuisée, elle s’étend sur l’herbe anormalement verdoyante de la prairie et reprend haleine. Sa mère s’assoit près d’elle et le temps passe au-dessus d’elles tandis que le puits attend Sylenn. Finalement, Elmir souffle à sa fille :

— Il est temps, Sylenn. La fin du jour arrive, tu dois y aller.

La fillette se redresse et se dirige vers le puits sans un mot. Elle sait que sa mère est juste derrière elle. Elle n’est pas seule. Pourtant, Sylenn, soudain, a peur. Elle doute et appréhende la rencontre avec le puits. Elle connaît les légendes de la course sans fin d’Alak’Vel et de sa mort en milliers de Runes. Elle sait sa puissance. Elle sait que le Dieu-Double vit encore dans le puits sous une forme éparse. Elle craint de le rencontrer.

Mais Sylenn ne peut reculer. Tandis qu’elle avance, elle entend la respiration faible de la nature qui meurt un peu plus, étouffée, sous ses pieds qui la mènent jusqu’à Alak’Vel.

Alors, le puits et ses symboles d’or et de lune flamboient. Ils répondent à l’appel de la Pierre. Ceux de lumière s’agitent davantage, ils savent que c’est une Pierre de Soleil qui approche. Plus un bruit n’existe en dehors du murmure de la magie de la gemme et de celle d’Alak’Vel lorsqu’elle pose sa main sur le puits. Elle épouse la pierre froide qui sert de tombe aux morceaux éclatés d’Alak’Vel et sent une magie glaciale à l’intérieur de l’abysse sans fond.

Dans l’œil du puits, il n’y a que le vide. Elle ne voit aucune eau, aucune magie. Mais elle entend. Elle entend comme un écho. Une petite vibration qui remonte depuis la gorge du puits. C’est une petite chanson. Un râle qui s’échappe. Qui s’engouffre en elle et qui décrit des courbes. Et à mesure que le son se répète, les courbes deviennent des mots…

« Tu t’appelles Sylenn… Fille d’Elmir. »

La fillette se met à trembler. Le puits lui parle. Sa mère l’avait prévenue, mais la voix irréelle et vibrante de magie du puits la terrifie. C’est Alak’Vel. Et il sait. Il sait tout d’elle.

 

~

 

Quand le puits se met à lui parler, Malünn frémit. La puissance qui résonne à travers la voix gutturale échappée du puits et des restes de la magie d’Alak’Vel est effrayante. Mais Malünn serre les poings et calme son cœur. Elle a assez de courage pour faire face au Dieu-Double lui-même. Elle crie au puits :

— Oui, je suis Malünn ! Et je viens quérir les Runes qui me reviennent !

Le puits se tait un instant, puis dans un vent plus aigu, une nouvelle parole est prononcée depuis le fond sans âge des pierres.

« Tu es une jumelle… Une jumelle contraire, Malünn… Ton destin sera maudit ! »

            Malünn n’arrive pas à croire ce que révèle Alak’Vel. On ne lui a jamais parlé d’une jumelle… On ne lui a jamais dit qu’elle avait une jumelle contraire… Lui aurait-on menti ? Pourquoi le lui cacher ?

            Et la petite fille se souvient des histoires que racontent les Lunaires sur les jumeaux contraires, l’un fils du soleil et l’autre de la lune. On dit que leur destin est lié. Et que la mort les attend toujours au bout du chemin. Que séparés, ils ne peuvent vivre…

Malünn ne veut pas y croire. Alak’Vel lit en elle et fait virevolter ses dernières paroles :

« Fille de la lune, tu partages tes Runes avec ta moitié de l’autre côté. Ta magie sera le miroir de la sienne… Alors plonge ta main, Malünn, et deviens Magicienne de Crépuscule, Porteuse de Runes ! »

Le puits ordonne et Malünn s’exécute.

 

~

 

Sylenn plonge son bras dans le puits : un liquide lumineux apparaît, appelé par la Pierre de Soleil. Elle sent le contact de la magie du Dieu. C’est comme une brûlure contre sa peau ; et des symboles se tatouent sur sa chair. Elle serre les dents et voudrait hurler sous la douleur mais elle se souvient de sa mère, près d’elle. Sylenn ne veut pas qu’elle l’entende crier. Elle veut être plus forte. Alors, elle reste muette tandis que la magie d’Alak’Vel écrit sur sa peau les marques de sa puissance.

Quand le puits s’éteint, Sylenn retire son bras : un cercle de Runes est gravé autour de son poigné en lettres de feu.

 

~

 

La magie heurte Malünn de plein fouet : elle enlace son bras et l’enserre comme le corps d’un serpent. Elle ne peut plus se libérer. La Pierre de Lune murmure et la magie du puits lui répond.

Quand le puits s’éteint, Malünn retire son bras : quatre cercles de Runes sont gravés sur sa peau en lettres d’ivoire.

 

 Texte protégé : Copyright 2018

 

Qu’en pensez-vous ?

 

J’ai envoyé ce chapitre avec prologue au concours de la nouvelle plateforme de lecture et d’écriture : Kawabook. Je la trouve très prometteuse et j’espère donc que mon début de roman saura séduire le jury. J’attends vos avis pour me faire une idée sur la qualité de ce début ! Merci d’avance !

 

Runes + Titre = Parfait !
Couverture réalisée par la talentueuse et adorable Doloreshell, que je remercie du fond du coeur pour cette représentation fidèle de mon Univers ! ❤
Actualités, Envois de textes

« Sans voix »

SANS VOIX
Quand la voix d’un professeur résume la quintessence de ses journées, sa vision des heures de classe et sa façon de vivre avec les élèves… Aura-t-il suffisamment de coffre jusqu’à la fin de l’année ?

 

 

Envoi d’un texte pour le Prix du Jeune Écrivain

« Sans voix »

 

Je viens de participer au concours du Prix du Jeune Écrivain de février 2018. C’est la dernière année où je peux proposer deux textes : après j’aurais atteint le vénérable âge de 27 ans auquel on ne peut plus se dire « jeune écrivain » ! J’en prends bonne note !

J’ai donc proposé, le cœur plein d’espoir, deux nouvelles, et je souhaite en partager une avec vous : « Sans voix ». Cette version a été corrigée par Grégoire Peckeu, mon correcteur officiel, et relue attentivement par mes soins encore au moins trois fois supplémentaires ! Les contraintes du concours (13 500 signes espace non compris) m’ont obligée à développer ma version d’origine − plus courte et peut-être trop courte ? − sans frôler l’indigestion, je l’espère !

 

Je vous tiendrai au courant du résultat bien sûr (entre juin et septembre 2018) !

 

∼ Le texte ∼

 Sans voix

 

Début de l’année.

C’est avec fierté que j’ai reçu, en juin, une espèce de diplôme de professeur, cette titularisation qui tient en deux mots : CAPES et validation. Après ça, plus rien. Tu es aussitôt un professeur parfait. Rien à redire. Après tout, n’ont-ils pas écrit dans mon dossier que j’étais prête à enseigner ?

Je suis donc lâchée dans le désert de ma première vraie rentrée : pas de poste, pas d’élèves. Pourquoi ne m’a-t-on pas prévenue que je commencerai comme remplaçante dans un coin et sans classe ? J’ai presque l’impression de déranger…

Résumons la situation : parachutée dans le Nord, le coût du déménagement sur la main, le poids de la séparation sur le cœur, à l’arrivée, on m’installe bien gentiment sur le banc de touche ? On me garde sur la réserve ? Pourquoi ? Parce qu’il y a trop de remplaçants et pas assez de professeurs malades ? Je n’avais pas vocation à colmater les absences de trous.

Mais je me dis qu’après tout ce ne doit être qu’une tache sur le tableau ; la vérité, c’est les vacances. Le reste, on verra bien.

Septembre, toujours pas de poste. Rien. Et ça ennuie. Octobre : découverte de la hiérarchie et de ses nombreuses ficelles d’anéantissement mathématique de l’équipe enseignante. J’ai appris à me taire en salle des profs et entre les murs du collège. Novembre : quelle pluie de vide ! Je ne sais plus très bien si je suis professeur… Décembre : enfin ! Un remplacement ! Seulement deux semaines, en fait. Loin. Dans une zone difficile. Mais je suis contente. Je vais me frotter aux élèves. Je vais enfin voir ce que ça donne avec un an d’expérience dans la poche. Ça se passe. Juste de quoi me donner de nouveau envie d’avoir mes propres classes. De servir à quelque chose. Car je sens bien qu’on n’aime pas voir que je suis payée pour faire dix-huit heures – sans cours à préparer ni copie à corriger ! Je n’ai pas fait exprès, moi !

Des mois à rien faire, entre guillemets. Quelques cours par-ci, par-là, accompagnant d’autres professeurs qui, au fond, ne veulent pas que je sois là, un emploi du temps qui varie chaque semaine et un profond inintérêt.

Mais un jour vient finalement où je suis appelée pour un remplacement jusqu’à la fin de l’année. Et ils ont besoin de moi : il y a des troisièmes en jeu ! Je suis là. Je serai parfaite, irréprochable, je ferai trois heures de trajet par jour pour accomplir ma mission d’enseignement, je découvrirai deux niveaux que je n’avais jamais eus avant !

Commençons. Tout ceci ne peut que très bien se passer vu que je suis si heureuse de retrouver des élèves.

Comment cela se passe réellement ?

Je vais vous le dire…

Premier jour.

Pas une oreille ne bouge, pas une bouche de bronche. Qu’ils sont sages ! Les mouches nous entourent et font plus de bruit qu’eux. De vrais diables enrobés de miel ! Je baisse la garde : je souris. C’est le drame. Ils comprennent : je suis gentille. Je n’ai pas vu venir le piège. Maintenant, ils préparent les pires stratagèmes pour effacer mon sourire… Heureusement, les sixièmes ne vont pas jusque-là : « Ah ! C’est trop cool, elle a l’air trop gentille ! On va pas travailler ! C’est mieux qu’avec madame Machin ! ». Je les entends : ils pensaient que j’étais trop loin. Je dois avoir l’oreille plus fine que leur professeur précédent.

Lundi.

Cours avec les troisièmes « gentils ». Aujourd’hui : versification. Au programme : quatrain et tercet, alexandrin et octosyllabe, rimes croisées et embrassées… Ils font naufrages ! Alors, pour se sauver, ils rament à coup de stratégies d’annihilation du cours. Scène hors de propos : Maël envoie son stylo bleu à travers la salle ; Clément renvoie le stylo. Moi ? Je leur demande d’arrêter. Eux ? Ils continuent. C’est une affaire de vengeance : « Il me le jette dessus ! C’est pas moi qui a commencé ! ». De grands gestes ponctuent le discours de Clément, puis l’affaire reprend de plus belle. « C’est pas moi qui AI commencé » : je corrige malgré-moi, malgré-eux et en dépit de toutes les retombées nucléaires de cette tragédie. Léana est touchée par un des jets de projectile. L’incident devient un accident. Les histoires de rimes, de vers et de strophes, ça n’intéresse plus personne. Tous sont totalement captivés par ce stylo volant. Qui sera la prochaine victime du missile incongru ? Voilà la seule chose qui occupe dorénavant leur cervelle d’adolescent… Il faut encore jouer le tyran qui punit ! Ou, fatiguée, céder le pouvoir, renoncer à toute prétention de transmission au profit d’une gigantesque récréation. Pour un stupide stylo, aujourd’hui, le cours de français se résume à un missile terroriste.

Mardi.

Déjà fatiguée. Avec les troisièmes, on passe à la réécriture. Brevet oblige. Consigne : remplacer « D’où viennent toutes les gouttes » par « Il se demandait d’où venaient… » en effectuant toutes les transformations nécessaires. Les élèves geignent : « Mais le brevet c’est dans longtemps, ça sert à rien de faire ça ! Et puis, c’est facile, on sait l’faire… Ça s’rait mieux de faire de vrais cours, nan ? ». Sourire désarmé. Si encore ils avaient cinq sur cinq, je dis pas ! Mais ce n’est pas le cas ! Alors, encore trouver à redire ? Encore contester, toujours ? Bon. Je reprends le cours, malgré leur résistance. On va aussi revoir le discours direct et indirect. Mélissa m’interrompt encore : « m’dame, on l’a déjà fait ! ». Trois minutes plus tard, la même voix : « Ah non mais là, m’dame, je comprends rien à ce truc et cette leçon… C’est trop dur ! ». Je suis témoin d’une véritable scène de théâtre ! D’un sketch absurde joué par des acteurs splendides du tragique de l’élève moderne ! Je m’arme de patience… Ils seront baptisés officieusement les troisièmes « râleurs » ou « jamais contents », selon mon humeur !

Mercredi.

En sixièmes « extraordinaires », Louna et Julien participent, cela me fait plaisir. J’essaie d’interroger aussi les autres, mais compliqué à huit heures de tous les réveiller. Soudain, l’improbable survient : Noah enlève une de ses chaussures ! En plein cours ! Gabriel fait pareil ! Nathaniel s’écrie : « Mais qu’est-ce tu fous ?! T’es grave ! Pourquoi vous enlevez vos chaussures ? ». Noah s’explique d’un air sérieux : «  Mon pied a chaud, je lui fais prendre l’air… » Aurais-je pu deviner que j’allais un jour prononcer cette phrase au beau milieu de ma séquence sur la pièce de Molière Les Fourberies de Scapin : « Noah… Remets tes chaussures ! Qu’est-ce que tu fais ? On n’enlève pas ses chaussures, comme ça ! Enfin ! ». Jeanne s’empresse de me reprendre : « Sa chaussure, madame ! Il a enlevé qu’une chaussure ! ». Ah ! Oui… Je suis d’abord fâchée, mais je finis par rigoler moi-même quand Esteban déclare tout fier : « Les chaussures, c’est pas automatique, madame ! ». Intervention éclair. Ah ! Ils sont forts, quand même, ces gosses, pour fendre les cours à coup de blagues et de propos célestes !

Jeudi.

Je suis un perroquet. Un perroquet bien inutile posé derrière un bureau dans une salle de cours. Je viens, je piaille, je répète et m’en vais. Est-ce que mon petit spectacle sert à quelque chose ? Non. Les élèves, classe après classe, gesticulent et parlent, répondent et font du bruit et ne cessent de m’interrompre ! Je perds cent fois le fil de ce que je voulais dire ! Je répète. Je ne fais plus que cela… Je répète les figures de style : personnification, métaphore, hyperbole, anaphore. Je répète les temps : avait été est conjugué au plus-que-parfait, aurait au conditionnel présent. Je répète encore et encore : une phrase commence par une MAJUSCULE et se termine par un POINT. Sans point, pas de phrase ! Sans majuscule, pas de début de phrase ! Est-ce si difficile de mettre une majuscule et un point ? Est-ce si difficile de retenir une fois pour toute ça va au lieu de SA VA ? Je le dis cent fois mais ils ne le font toujours pas… Je devrais m’enregistrer et passer mon laïus en boucle ! Je suis sûre que ma voix déshumanisée par un magnéto aurait plus d’impact !

Vendredi.

Apothéose. Dernier jour. Plus d’espoir que le week-end. Impossible de faire quoi que ce soit. Ah ! Le vendredi, plus rien n’y fait : aucune magie du numérique, aucun support ludique ne fonctionnent plus. Rien ne peut les détourner du week-end à venir, de seize heures trente-sept : l’heure de la sonnerie fatidique et tant attendue. Pourtant, le vendredi aussi, il faut bien faire cours. Avec les troisièmes, aujourd’hui, c’est Éluard, « Liberté j’écris ton nom », c’est Desnos, « Ce cœur qui haïssait la guerre ». Mais peu importe. Qui écoutera ce qu’ont à dire ces hommes absurdes de silence et de mort ? Ils s’en fichent… Et ils pensent tout savoir mieux que moi ! Bien sûr : ce sont les troisièmes « râleurs ». Alors ils me disent comment faire mon cours… Quand ont-ils passé le CAPES déjà ? Jamais. Mais ils ont la tête dure à quinze ans ! Ça leur suffit pour être insolents. Il faut bien qu’ils s’en prennent à quelqu’un pour se venger d’être là. Et d’abord, leur « prof d’avant » était mieux ! Et puis de toute façon, le français « ça sert à rien ». Eux, ils préfèrent les maths. C’est plus utile, on peut devenir architecte ou ingénieur avec les maths. Ou bien ils n’aiment tout simplement rien. Et ça se saurait si le français on l’utilisait beaucoup dans la vie de tous les jours ! Je ne dis rien. Évidemment, cela me blesse. Je veux seulement leur montrer la beauté des mots, du français. Notre français. Nos auteurs. Notre culture. Mais une voix forte résonne : « Ils sont morts, on s’en fout de ce qu’ils ont écrit ! ». Et le poids de l’imposante valise du professeur amoureux du transmettre s’alourdit. Les épaules s’affaissent. Je baisse un peu les bras. Je ne sais plus quoi répondre. Ça me tient à cœur ! Merde ! Moi aussi, j’ai envie de dire merde ! Putain ! Mais c’est grossier… Ils m’exaspèrent et m’apprennent la vulgarité. Ils me la transmettent. Et moi, qu’est-ce que je leur transmets ? Apparemment, rien. Debout toute la journée à s’époumoner : voilà la vérité. Voilà à quoi je sers.

Samedi.

Je range Éluard, Desnos et mes rêves piétinés dans ma valise de professeur. Je dépose mes armes d’enseignement : les valeurs des temps, les figures de style, les registres, les tonalités, les genres et tous les sourires diaboliques de ma matière préférée. J’oublie tout cela. Et les copies que j’ai rapportées, sur le bord de mon lit, vite jetées et abandonnées. Je fais tout pour ne pas regarder la fameuse valise pleine de mes cours inachevés. J’essaie de penser à autre chose. Je ne veux plus parler. Je ne veux plus répondre à aucune question. Mais voilà : cent quatre-vingts copies dorment dans le fond de mon sac que je n’ai pas réussi à égarer. Cent quatre-vingts copies que la morale m’oblige à corriger dans les plus brefs délais, que la dignité me force à regarder au plus vite. Alors je commence mon infatigable travail de fourmi : je rature, je raye, je barre, j’annote, j’entoure, je souligne, je fais des vagues, je mets des signes, des lettres, quelques phrases, tout cela, en rouge. Et tout cela, pour rien, car aucun d’eux, ou presque, ne prendra la peine de lire mes multiples annotations. J’écris vite, alors c’est de plus en plus illisible. Les copies ressemblent à des parchemins de symboles magiques indéchiffrables. Je mets des plus, je compte les points, ça s’embrouille, je recompte trois fois le résultat d’une copie, je barre une réponse juste, je mets du Blanco, je passe sur une faute, je reviens. Je fais attention, mais au bout de dix copies, je ne parviens plus à lire, j’invente les mots. Je déchiffre mal leur écriture bâclée… Quand j’ai enfin terminé un paquet, je sors mes feutres de couleur et transforme chaque chiffre en point vert, orange, jaune ou rouge dans les cases compétences. Je fais deux fois le même travail. Je sue d’encre rouge.

Dimanche.

Bilan de la semaine. Les troisièmes « gentils » progressent un peu mais beaucoup n’écrivent pas encore français. Les troisièmes « râleurs » vont être insupportables, déjà qu’ils croient ne pas avoir besoin de moi : vu leur note, ça va être infernal ! Les sixièmes « extraordinaires » vont sans doute trouver d’autres miracles hors du commun à réaliser en classe. Les sixièmes « bavards » n’écourteront pas plus, enfin, ne m’écouteront pas plus. En un week-end, je suis parvenue à corriger soixante-sept copies seulement, ce qui veut dire qu’il m’en reste encore au moins cent vingt (je ne suis pas prof de math ! Je ne vais donc pas compter exactement combien il me reste de copies !). Et je n’ai pas encore préparé les dictées aménagées pour les dyslexiques, prévu mes cours sur ordinateur intégralement rédigés pour les dyspraxiques, photocopié en format adéquat les polycopiés pour Jonathan qui est mal voyant, relu le texte de Prévert que je veux voir avec les troisièmes, terminé la séance de vocabulaire pour les sixièmes, regardé les cinquante-quatre nouveaux papillons affichés sur Pronote, transféré ma convocation de stage de formation de six heures à mon établissement de remplacement ni répondu à mon collègue d’histoire qui me signale sans délicatesse que j’ai commis une faute d’orthographe sur mes appréciations de bulletin, achevées entre minuit cinquante-cinq et une heure du matin vendredi soir : « Félicitation, ça prend un ! Enfin, tu es prof de français, quand même… » Eh bien, j’aurais mieux fait de me retenir de féliciter. Heureusement qu’il n’y avait pas beaucoup d’élèves concernés par cette mention. Je dois tout relire de nouveau pour corriger et je prends bien soin d’écrire à chaque fois : « Je te félicite » ! Il ne pouvait pas changer directement en s’en apercevant ? Je ne comprends pas, l’année dernière aussi j’avais écrit Félicitations à certains. Cela n’avait pas posé de problème. Et le « s » a disparu entre-temps ! L’orthographe est volage avec les neurones fatigués ! Mais décidément : pourquoi avec les autres, les profs en poste, tout se passe bien, ou a l’air de bien se passer ? Alors que moi, tout se passe si mal… Je n’ai pourtant pas l’impression de faire quelque chose de particulièrement mal… Pas l’impression non plus qu’eux fassent quelque chose de plus. C’est juste cette étiquette, « remplaçante », qui me colle au front…

Toute l’année.

Vivement la fin ! Que ça s’arrête ! Que la boule au ventre s’estompe ! Je me lève. Je n’ai plus envie. Plus envie qu’ils me regardent, qu’ils me parlent, qu’ils m’ignorent. Comme c’est difficile ! Tous les jours. J’avance vers eux, je vois leur visage arrogant et moqueur, leur complicité mauvaise ou leur indifférence insolente. Un monde les sépare de moi. Leur figure, leur geste et leur langage, je ne les comprends pas. Je ne sais pas ce que leurs yeux et leur sourire en coin signifient. Ils sont pleins de colère, ils sont pleins d’affront. Ils se moquent de mon physique dans le rang. Ils savent que je les vois. Partout leur regard me perce et me noie. Ils savent. Ils savent qu’ils me blessent. Ils ont gagné. C’est ce qu’ils croient à cet âge. Mais ils ignorent que c’est eux qui perdent. Qui perdent un professeur, là pour eux. Cent fois, j’ai envie d’abandonner, et j’abandonne. Je perds des batailles, peut-être aussi la guerre. Je suis jeune et la jeunesse a bon dos : tout ce qui arrive, on pense que ça vient de moi. On croit que je manque d’autorité. La vérité : je m’appelle « remplaçante », voilà tout. C’est là tout le problème : je ne suis pas leur prof. Alors, j’ai beau crier, punir, sévir, gronder, dialoguer, plaisanter, invoquer l’heure de colle, convoquer la hiérarchie, ils sont toujours plus forts que moi. Ils ne veulent pas m’accepter comme professeur. Les heures de cours leur appartiennent. C’est une descente aux enfers. Je m’efface.

Dernier jour.

Le malaise. Celui qui s’est logé en moi, quelque part à mi-chemin entre l’estomac et le cœur, est toujours là. Les fortes têtes, elles, ont disparu. Il ne reste que quelques élèves, comme hagards : ils savent que je ne les aime pas. Pourtant, j’ai essayé. Et ils ont oublié pourquoi eux non plus ne m’aimaient pas, pourquoi depuis tout ce temps, ils étaient ainsi avec moi. Ils ne savent plus comment me parler. Ils sont intimidés comme un jour de rentrée.

Fin de l’année.

Un an c’est long et pourtant, ça passe vite. Après, quand on repense à tout ce qu’on a fait avec nos élèves, quand on se rappelle d’eux, d’Amélia la bavarde, de Julien l’attentif, de Noah qui secouait sa table trente-six fois par cours, de Sloane qui riait toujours, de Maël et Clément, d’eux vraiment et pas de la classe, des élèves, on éprouve une fierté. On se souvient de certains cours qui n’avaient pas été si mal, d’une copie qui nous avait touchés, d’une remarque qui nous avait étonnés, d’un sourire un matin d’un élève, d’un merci anodin, d’une séance d’écriture réussie, d’un cours où l’on était parvenu à faire ce qu’on voulait… Et on se revoit chaque jour, tenant le coup, tenant malgré eux, tenant malgré nous, et réussissant finalement, héroïque, à leur transmettre quelque chose. Peut-être un peu de nous ? Peut-être un peu de notre passion et de notre intérêt pour eux ? Eux qui n’ont jamais su qu’ils étaient tout pour nous durant un an. Eux qu’on finira par oublier. Eux qui, peut-être, ne nous oublierons jamais…

Septembre.

Allez, allez ! C’est la rentrée : il ne faut rien lâcher ! Mais, partout, un tas de petites voix, à peine en tort, à peine murmurées, certaines graves, d’autres plus ténues, toutes bavassant. Et quelque part, oubliée, la voix du professeur voudrait exister. Elle n’y arrive pas, cette voix fatiguée, désespérée, ignorée. Elle tient bon jusqu’à la fin. Elle tient au milieu du bruit qui la domine et la nie. Au milieu du bavardage quotidien des autres voix qui parlent de tout et de rien. Qui ne réalisent pas l’horrible cacophonie qu’elles engendrent et dans laquelle elles noient la parole du professeur. Jusqu’à la fin de l’année. Elle tient.

 

 

 

Ps : N’ayez aucune inquiétude, je suis une professeure de français tout à fait épanouie et mes élèves sont des amours ! 

 

 

– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –

 

Actualités, Envois de textes

Lecture de « La mécanique des vagues »

 

Albert Durant,

alias Diseur de Beaux Textes,

lit mon texte « La mécanique des vagues » 

 

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous montre la vidéo d’Albert Durant lisant à haute voix ma nouvelle « La mécanique des vagues » dont le texte suit. J’apprécie beaucoup son interprétation de mon rythme tic-tac et j’espère que cette lecture vous touchera autant que moi !

 

 

∼ Le texte ∼

 La mécanique des vagues

 

Tic-tac. Le réveil gémit. Tic-tac. Le lit se réveille. Tic-tac. Je pousse le drap. Tic-tac. Je saute hors du sommeil.

C’est l’heure. Ça commence. Les vagues. Les vagues se mettent en branle.

Tic-tac. Je grignote. Tic-tac. Je m’astique. Tic-tac. Je m’arrange. Tic-tac. Je mets ma montre. Tic-tac. Comme hier. Tic-tac. Comme demain. Tic-tac. Au quotidien.

C’est le bruit des vagues. C’est la course. C’est la mer.

Tic-tac. Je marche dans la rue. Tic-tac. Au rythme des vagues. Tic-tac. Les autres aussi avancent à la vitesse des vagues. Tic-tac. Qui déferlent d’avant en arrière dans la circulation. Tic-tac. On traverse les passages piétons. Tic-tac. On entre dans les magasins. Tic-tac. On fume sur le goudron. Tic-tac. On râle sur le bitume. Tic-tac. On se bouscule dans les allées. Tic-tac. On klaxonne. Tic-tac. On court. Tic-tac. On se presse. Tic-tac. On est toujours dans la cadence. Tic-tac. On n’a jamais le temps.

C’est l’heure des vagues. Il faut les suivre. Il faut se laisser porter.

Tic-tac. Pas le temps de s’arrêter. Tic-tac. Pas le temps de regarder. Tic-tac. Il faut aller travailler. Tic-tac. Il faut revenir du travail. Tic-tac. Rentrer à la maison. Tic-tac. Sortir. Tic-tac. Aller. Tic-tac. Venir. Tic-tac. Le long des routes, le long des trottoirs, toujours aller venir.

Dans ma montre, les vagues.

Tic-tac. Il faut suivre le rythme. Tic-tac. Ne pas rater une seule respiration. Tic-tac. Ne pas manquer une pulsation. Tic-tac. Je cours après les vagues. Tic-tac. Je vais au café. Tic-tac. Elles reviennent. Tic-tac. Aller à droite. Tic-tac. Je vais toujours après les vagues. Tic-tac. Aller à gauche. Tic-tac. Elles ne s’arrêtent jamais. Tic-tac. Je marche au rythme des vagues. Tic-tac. Je rentre chez moi. Tic-tac.

Les vagues tombent malades. Ma montre s’enrhume.

Tic-tac. Elle tousse. Tic-tac. Elle éternue. Tic-tac. Elle pousse un râle. Tic-tac. Je suis les dernières vagues qui vont et viennent. Tic-tac. Je souffle. Tic. Je ralentis. Tac. Je marche moins vite. Tic. Je vois les gens qui vont à toute allure. Tac. Je regarde les bâtiments qui hurlent et blessent le ciel et les cœurs battants des pas qui avancent sur le goudron. Tic. J’entends la naissance d’un silence… Le silence terrible des vagues.

Hébété, sur le trottoir, je suis arrêté. L’heure s’est brisée et je ne vois plus le temps passer. Je ne vois plus les vagues traverser les passages piétons et rouler dans les cieux ralentis de la journée. Je ne sais plus où aller : je suis immobilisé au milieu d’une allée entre la vingtième et la vingt et unième vague. J’aimerais relancer les heures dans le petit cadran accroché à mon poignet. Mais c’est la fin des vagues.

C’est la fin de la journée. À jamais.

Je me recroqueville, dehors, dans le froid et l’absence.

J’oublie.

J’oublie le temps.

Les vagues…

 

 

 

– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –

 

Actualités, Mes réussites, Sélections de textes

Parution dans Le Grimoire du Faune !

 

 

« Dans le manoir de la Marquise » 

 

C’est avec joie (et fierté) que je vous annonce la parution de mon texte « Dans le manoir de la Marquise » dans la revue en ligne Les Editions du Faune pour leur anthologie d’automne : « Crépuscule ». 

 

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Peinture de John Atkinson Grimshaw, accompagnant l’Appel à Textes des Editions du Faune sur le thème du « Crépuscule »

 

***

 

Avec ce texte fantastique, j’ai voulu faire entrer le lecteur dans un manoir déroutant, aussi bien au niveau du sens que des mots. L’écriture troublante est la porte d’entrée à l’étrangeté du manoir décrit…

Je vous laisse pousser la porte, si vous l’osez !

 

Entrez dans le Grimoire du Faune et passez la porte de mon manoir !

 

***

 

Pour les friands de secrets de création, voici quelques détails sur ma conception littéraire du texte :

 

*Secrets d’inspiration*

L’introduction de mon texte (« Dans son château, il entre ») est une référence à Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes (« Ainsi en la forêt il entre et sitôt son cœur se réjouit pour le doux temps qui s’éjouit et pour ce chant-là qu’il entend de tant d’oiseaux qui mènent joie. ») ainsi qu’au film Perceval le Gallois d’Éric Rohmer avec Luchini !

Le mélange des temps mime le vertige et l’hors-temps du manoir ;

Le « il » est volontairement indéfini pour laisser au lecteur le choix de son interprétation ;

Le texte est un labyrinthe à parcourir et déchiffrer…

Il faut aussi parfois se laisser désarçonner par la littérature !

 

***

 

Je vous invite vivement à aller découvrir les textes choisis dans le Grimoire du Faune, vu la qualité du webzine Faunerie et des choix éditoriaux de sa rédactrice. 

 

 

– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –
Prologue, Roman fantasy : Aurore et Crépuscule

Aurore et Crépuscule – PROLOGUE

Aurore et Crépuscule

 

Le jour, la magie de l’Aurore domine. La nuit, celle du Crépuscule est reine. Entre les Prêtres d’Aurore et les Magiciens de Crépuscule, un équilibre parfait règne.
Jusqu’à ce que naissent deux enfants : deux jumelles contraires. L’une servira le Soleil quand l’autre percera les mystères de la Lune. Deux enfants, deux magies… Mais une même règle : ne jamais faillir à son devoir de protection d’Alak’Vel.
Sylenn et Malünn sauront-elles vivre séparément et tenir leur rôle ?
Pourront-elles triompher de la terrible magie des Éclipses,
restées entre le jour et la nuit ?

 

Runes + Titre = Parfait !
Couverture réalisée par la talentueuse et adorable Doloreshell, que je remercie du fond du coeur pour cette représentation fidèle de mon Univers ! ❤

 

 

 

Prologue : Deux gouttes

 

 

Elles étaient deux.

Nées ensemble le même jour, elles étaient destinées à la magie d’Alak’Vel.

Comme deux gouttes d’eau, elles étaient nées l’une après l’autre : la première, belle comme un éclat de soleil ; la seconde, jumelle à la beauté lunaire.

Plus vifs que l’astre qui la voyait naître en cette aube timide, les yeux de l’aînée brûlaient déjà de la force des Runes solaires. La seconde, était née comme une réplique imparfaite. Dans son regard vivait une puissance identique mais qui prenait racine dans le berceau des couleurs interdites : ses yeux étaient pâles, pâles comme le jour qui décroît, comme la lune qui triomphe. Elle avait des iris aux teintes sélènes : la couleur des Indignes.

Ainsi étaient nés d’une même mère deux enfants des Runes, jumelles mais contraires. L’une répondait à l’appel du soleil, l’autre chuchotait avec la lune. La première était fille de l’Aurore ; la seconde était Lunaire et les Lunaires étaient impurs. Ils arboraient tous une marque hideuse : une cicatrice de naissance brisant leur visage lisse. Et la seconde portait bien sur son front une entaille semblable à une larme. Elle était Indigne, fille du Crépuscule et des Runes sélènes, fille de la magie de la nuit.

Elle s’appellera Malünn, déclara la mère avant de séparer les deux moitiés. Elle s’appellera Malünn et elle sera offerte aux arcanes du Crépuscule, répéta la mère en prenant contre elle l’autre enfant, chair de sa chair, fille du soleil.

Ainsi furent séparés les deux enfants, jumelles mais contraires, d’Elmir, Prêtresse d’Aurore.

Qu’en pensez-vous ?

 

Texte protégé : Copyright 2018
Présentation de l'Univers, Roman fantasy : Aurore et Crépuscule

Aurore et Crépuscule, FANTASY

Runes + Titre = Parfait !
Couverture réalisée par la talentueuse et adorable Doloreshell, que je remercie du fond du coeur pour cette représentation fidèle de mon Univers ! ❤

 

 

Quatrième de couverture :

 

 

Aurore et Crépuscule

 

Le jour, la magie de l’Aurore domine. La nuit, celle du Crépuscule est reine. Entre les Prêtres d’Aurore et les Magiciens de Crépuscule, un équilibre parfait règne.

Jusqu’à ce que naissent deux enfants : deux jumelles contraires. L’une servira le Soleil quand l’autre percera les mystères de la Lune. Deux enfants, deux magies… Mais une même règle : ne jamais faillir à son devoir de protection d’Alak’Vel.

Sylenn et Malünn sauront-elles vivre séparément et tenir leur rôle ?

Pourront-elles triompher de la terrible magie des Éclipses,

restées entre le jour et la nuit ?

 

 

Que pensez-vous de ce résumé de roman fantasy ?

De la couverture ?

 

Actualités, Envois de textes, Mes échecs

« La mécanique des vagues »

 

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Envoi d’un texte pour la revue Caractère

 

« La mécanique des vagues » 

 

Je viens d’envoyer un de mes textes au concours de la revue Caractère. Leur affiche est superbe : colorée et attractive, elle m’a tout de suite donné envie de participer. J’ai proposé mon texte « La mécanique des vagues » comme texte « qui a du caractère » et je croise les doigts pour la réponse ! Je serais très fière d’être retenue parmi des textes de caractère ! 

 

*Secret d’inspiration*

J’ai écrit mon « tic-tac » en hommage au « silence » de Oh les beaux jour de Beckett

et sur le rythme de la chanson de Joe Dassin « Bip bip »

 

Je vous tiendrai au courant du résultat mais d’ici là, voici ma fameuse mécanique des vagues…

 

∼ Le texte ∼

 La mécanique des vagues

 

Tic-tac. Le réveil gémit. Tic-tac. Le lit se réveille. Tic-tac. Je pousse le drap. Tic-tac. Je saute hors du sommeil.

C’est l’heure. Ça commence. Les vagues. Les vagues se mettent en branle.

Tic-tac. Je grignote. Tic-tac. Je m’astique. Tic-tac. Je m’arrange. Tic-tac. Je mets ma montre. Tic-tac. Comme hier. Tic-tac. Comme demain. Tic-tac. Au quotidien.

C’est le bruit des vagues. C’est la course. C’est la mer.

Tic-tac. Je marche dans la rue. Tic-tac. Au rythme des vagues. Tic-tac. Les autres aussi avancent à la vitesse des vagues. Tic-tac. Qui déferlent d’avant en arrière dans la circulation. Tic-tac. On traverse les passages piétons. Tic-tac. On entre dans les magasins. Tic-tac. On fume sur le goudron. Tic-tac. On râle sur le bitume. Tic-tac. On se bouscule dans les allées. Tic-tac. On klaxonne. Tic-tac. On court. Tic-tac. On se presse. Tic-tac. On est toujours dans la cadence. Tic-tac. On n’a jamais le temps.

C’est l’heure des vagues. Il faut les suivre. Il faut se laisser porter.

Tic-tac. Pas le temps de s’arrêter. Tic-tac. Pas le temps de regarder. Tic-tac. Il faut aller travailler. Tic-tac. Il faut revenir du travail. Tic-tac. Rentrer à la maison. Tic-tac. Sortir. Tic-tac. Aller. Tic-tac. Venir. Tic-tac. Le long des routes, le long des trottoirs, toujours aller venir.

Dans ma montre, les vagues.

Tic-tac. Il faut suivre le rythme. Tic-tac. Ne pas rater une seule respiration. Tic-tac. Ne pas manquer une pulsation. Tic-tac. Je cours après les vagues. Tic-tac. Je vais au café. Tic-tac. Elles reviennent. Tic-tac. Aller à droite. Tic-tac. Je vais toujours après les vagues. Tic-tac. Aller à gauche. Tic-tac. Elles ne s’arrêtent jamais. Tic-tac. Je marche au rythme des vagues. Tic-tac. Je rentre chez moi. Tic-tac.

Les vagues tombent malades. Ma montre s’enrhume.

Tic-tac. Elle tousse. Tic-tac. Elle éternue. Tic-tac. Elle pousse un râle. Tic-tac. Je suis les dernières vagues qui vont et viennent. Tic-tac. Je souffle. Tic. Je ralentis. Tac. Je marche moins vite. Tic. Je vois les gens qui vont à toute allure. Tac. Je regarde les bâtiments qui hurlent et blessent le ciel et les cœurs battants des pas qui avancent sur le goudron. Tic. J’entends la naissance d’un silence… Le silence terrible des vagues.

Hébété, sur le trottoir, je suis arrêté. L’heure s’est brisée et je ne vois plus le temps passer. Je ne vois plus les vagues traverser les passages piétons et rouler dans les cieux ralentis de la journée. Je ne sais plus où aller : je suis immobilisé au milieu d’une allée entre la vingtième et la vingt et unième vague. J’aimerais relancer les heures dans le petit cadran accroché à mon poignet. Mais c’est la fin des vagues.

C’est la fin de la journée. À jamais.

Je me recroqueville, dehors, dans le froid et l’absence.

J’oublie.

J’oublie le temps.

Les vagues…

 

 

J’ai également envoyé deux autres textes pour l’AT sans thème de la revue, mais je vous raconte cela en détail dans un autre article !

 

Réponse de la revue Caractère : 

Mon texte n’a pas été choisi par la revue 

Je suis néanmoins heureuse et reconnaissante d’avoir reçu de leur part une explication sur la raison de ce non-choix, que je vous mets ci-dessous :

« Dans La mécanique des vagues, autant l’effet du tic-tac incessant est intéressant, car il contribue à rappeler l’urgence du temps qui passe, autant sa surutilisation nuit à la lecture du texte et brise sa fluidité. Nous avons cependant adoré le titre. »

 

Je comprends cette remarque sur ma surenchère du tic-tac de la montre, mais cela étant précisément mon intention d’auteur, je ne pense pas changer mon texte. En effet, le tic-tac répété si souvent mime à merveille le tic-tac de la montre qui ne s’arrête jamais et qui rend fou. De plus, comme cette répétition intrusive a été utilisée par Beckett dans Oh les beaux jours, où il interrompt régulièrement le propos de ses personnages par la didascalie « (Un temps.) », j’assume mon choix.

 

– Merci de ta lecture,
cher lecteur,
c’est à travers toi que mes mots prennent vie –

 

Actualités, Mes réussites, Sélections de textes

Parution dans la revue numérique Lichen

 

 

Mon poème « Les trains » 

 

Je vous annonce que mon poème « Les trains » vient de paraître dans la revue de poésie numérique Lichen pour ce recueil du mois de Janvier !

Vous pouvez lire mon poème aux côtés des 41 autres textes choisis sur le site Lichen ou ici sous format pdf.

Merci à la revue Lichen pour avoir retenu mon texte et aux curieux lecteurs qui prendront le train de  mes mots

∼ Le texte ∼

 Les trains

 

Les trains vont viennent

À l’heure et en retard

Sans excuse

Sans retour

Sans accélérer ou ralentir

Du même pas libre

Les trains s’en vont reviennent

Les uns après les autres s’enchaînent

À l’endroit et à l’envers

Les trains arrivent et repartent

Secousses poétiques                         

Du voyage

Rou-rou chaotique                

Du passage

Les trains vont

 

Et emmènent la poésie…